LA MUSIQUE : VECTEUR DE LIBERTÉ !

Depuis des temps très anciens, les Hommes utilisent la musique comme vecteur de liberté. En effet la musique est pour eux un moyen d’exprimer des idées, des émotions, de rassembler, de célébrer et de donner du courage.

Au cours des siècles, dans certaines régions du monde, la musique a été ou est encore encadrée voire totalement censurée.

En Afghanistan, par exemple, les Talibans ont par le passé limité toute forme d’expression musicale. Ces restrictions ont été renouvelées en 2021.

C’est le cas également au Cambodge. Sous le régime des Khmers rouges en 1975, une grande partie des artistes était exécutée et le patrimoine musical entièrement détruit.

Bien que censurée et réduite au silence par les autorités un peu partout sur la planète, elle a cependant toujours continué d’exister. Parfois de manière clandestine, parfois très fortement contrôlée elle a permis de véhiculer de nombreux messages forts permettant aux populations locales de garder courage, de partager des histoires, de passer des messages et de développer des sentiments identitaires forts.

Pourquoi vouloir interdire la musique ? Ses effets sur le collectif…

D’après la science, la musique agit directement sur le cerveau (cf article sur la musique et système nerveux), en mobilisant simultanément les émotions, l’attention et la mémoire, ainsi une idée portée par la musique est souvent plus facilement intégrée et partagée. Elle crée une synchronisation collective, renforçant le sentiment d’appartenance, de plus elle ne se contente pas d’exprimer une opinion, mais contribue à la propager et à la faire évoluer.

Cette force vive a souvent été utilisée pour transformer les mentalités. Dans les années 1960, Bob Dylan s’impose comme une voix majeure du mouvement des droits civiques avec sa chanson Blowin’ in the Wind (1963).

De son côté, Sam Cooke marque les esprits avec A Change Is Gonna Come (1964), profondément liée à la lutte pour l’égalité des ethnies.

La musique devient alors un enjeu de pouvoir. Elle touche à un espace fondamental; la liberté de ressentir, de penser, de partager : d’exister . C’est la raison pour laquelle elle est aujourd’hui l’une des formes d’expression artistique les plus censurées dans le monde*.

Effet inverse – Les musiques clandestines

Ces tentatives de contrôle n’ont pas toujours fonctionné. Dans de nombreux pays, la musique a continué d’exister malgré les interdictions. Diffusée clandestinement, partagée en privé ou encore relayée à l’international, elle trouve toujours un moyen de circuler et reste l’une des formes d’expression les plus difficiles à faire taire durablement en grande partie grâce à la transmission orale.

Au Cameroun, où certaines chansons peuvent être interdites par les autorités, les titres critiques de Lapiro de Mbanga circulent en dehors des circuits officiels. Sa chanson Constitution constipée, diffusée malgré la censure, s’est rapidement répandue dans les rues et parmi la population. Avec son texte critique du pouvoir, elle devient quelques années plus tard un véritable symbole repris lors des manifestations camerounaises de 2008.

On peut également citer l’Afrique du Sud, où la musique a joué un rôle central dans la lutte contre l’apartheid. Bien qu’interdites dans son pays, les chansons de Miriam Makeba circulent à l’international. Sa musique devient alors un outil de dénonciation des injustices et de mobilisation. Elle permet de rendre visible la réalité du régime sud-africain et de sensibiliser l’opinion mondiale, contribuant ainsi à faire pression sur le pouvoir en place.

Interdire la musique a donc souvent encouragé les artistes à l’utiliser comme un moyen de résistance, un outil de transmission et de rassemblement.

Des restrictions qui persistent

Aujourd’hui encore, dans plusieurs pays, la musique reste contrôlée ou censurée par certains régimes comme l’Afghanistan ou la Corée du Nord, preuve de son influence réelle sur les sociétés. Malgré ces limitations, elle continue de circuler partout et à rassembler les hommes autour de causes importantes.

En conclusion, dans notre société aujourd’hui, on a tendance à faire de la musique un objet commercial. Lorsqu’on regarde les différents pays du globe et les différentes époques, cela nous encourage à développer plus de respect pour la musique et à lui redonner ses lettres de noblesse : inspiration, célébration et transmission.

Dans un prochain article, nous verrons que la musique n’est pas uniquement vecteur de liberté par la pensée, mais aussi par le mouvement et le corps.

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Références

National Geographic, 2024

www.nationalgeographic.fr/histoire/ces-pays-ont-essaye-dinterdire-la-musique-en-vain-culture-populaire-resistance

*Music in Africa – Rapport Freemuse, 2020

https://www.musicinafrica.net/fr/magazine/la-musique-est-la-forme-dart-la-plus-censuree-au-monde-rapport-freemuse

Global Citizen, 2015

https:/www.globalcitizen.org/fr/content/music-that-has-changed-t

Marissa Bergen

https://www.funkymooserecords.ca/fr/blogs/industry-insights/music-censorship-in-different-countries

Index on Sensorship, 2010

https://www.indexoncensorship.org/2010/09/voice-to-the-voiceless

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