Le tambour : un instrument de communication

Présent depuis des millénaires, les premiers tambours connus à ce jour remontent à environ 6000 av. J.-C.

Découverts en Chine, ils étaient fabriqués à partir de bois recouvert de peau d’alligator.

Apparu ensuite dans d’autres grandes civilisations d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient. Le tambour s’est ainsi développé sous des formes variées, selon les cultures, les matériaux disponibles et les usages.

En Afrique de l’Ouest, au cœur de la culture mandingue, on retrouve par exemple le djembé, l’un des tambours les plus emblématiques au monde. Au fil du temps, les tambours se sont répandus sur l’ensemble des continents, donnant naissance à une grande diversité d’instruments (taiko, bodhrán, bombo, tambour amérindien, garamut…).

Le tambour pour communiquer

Au fil de son développement, le tambour n’a pas seulement évolué comme un instrument de musique. Il s’est aussi imposé comme un véritable instrument de communication.

Dans de nombreuses civilisations, il était utilisé pour transmettre rapidement des informations, parfois d’un village à l’autre.

Selon les communautés, des séquences de rythmes précises étaient associées à un message particulier (l’annonce d’un mariage, d’une fête, d’une cérémonie ou encore d’un rassemblement).

En Afrique de l’Ouest, le tambour parlant (talking drum) est l’un des meilleurs exemples de cette utilisation.

Grâce à sa capacité à reproduire les intonations de certaines langues, il permettait de transmettre des messages compréhensibles sur de longues distances, parfois même sur plusieurs kilomètres.

Dans d’autres cultures, le tambour remplissait également une fonction de communication spirituelle. Chez certains peuples chamaniques d’Asie, il accompagnait les rituels et aidait le chamane à entrer en transe.

D’après les croyances de ces traditions, cet état lui permettait de communiquer avec le monde des esprits.

Malgré leurs formes, leurs sonorités et leurs utilisations différentes, ces tambours partageaient une même mission : créer du lien.

Un symbole au cœur des traditions

Plus qu’un simple instrument de communication, le tambour est devenu essentiel dans la vie des communautés.

Le djembé, par exemple, accompagnait souvent les baptêmes, les mariages, les fêtes traditionnelles et bien d’autres événements. Il marquait ainsi les moments importants de la vie, tout en participant à la transmission des coutumes.

En Afrique de l’Ouest, les conteurs et gardiens des traditions, qu’on appelait les griots, utilisaient le tambour pour accompagner leurs récits, afin de faciliter la mémoire et la transmission des histoires et des valeurs.

Le tambour permettait ainsi de rassembler les générations, de transmettre un héritage culturel, fondé sur le partage, la solidarité et le respect des traditions, et de renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté.

Le djembé au service de la cohésion d’équipe

Chez AKATU Musics, nous avons choisi de faire perdurer ces traditions et de les faire découvrir aux entreprises sous une nouvelle forme.

À travers nos team buildings, nous utilisons les tambours, et particulièrement le djembé, comme des outils de communication, d’écoute et de cohésion.

Pour réussir à jouer ensemble, chaque participant doit trouver sa place, suivre un rythme commun et rester attentif aux autres. La réussite ne dépend pas des talents de musicien, mais simplement de la coordination de toute l’équipe et de la qualité de présence de chaque participant.

En apprenant progressivement un rythme originaire du Bénin, les participants découvrent que chaque instrument apporte une sonorité différente, joue un rôle essentiel, complémentaire et indispensable à l’ensemble. Lorsque ces rythmes sont réunis et que chacun s’écoute, les participants forment alors un véritable orchestre.

La joie, la surprise et la fierté ressenties à la fin de nos ateliers renforcent les liens entre collègues et forgent un souvenir durable de ce moment construit ensemble.

Bien plus qu’un instrument sur lequel on frappe, le tambour est devenu, grâce à la diversité de ses usages, un outil d’information, de partage et de transmission.

Aujourd’hui encore, de nombreux pays à travers le monde perpétuent ces traditions et continuent de faire vivre leur héritage grâce aux tambours.

Au Ghana par exemple, les tambours parlants sont encore joués lors de la fête d’Akwasidae. Ils reproduisent les intonations de la langue akan afin de transmettre des messages compris par les initiés.

En Guinée, le djembé occupe aussi toujours une place centrale lors des cérémonies traditionnelles, comme la Mamaya de Kankan. Il rassemble les habitants autour de la danse, de la musique et des traditions mandingues.

Références

UNESCO – Djidji Ayôkwé et patrimoine culturel : 

https://www.unesco.org/

UNESCO – Patrimoine culturel immatériel : 

https://ich.unesco.org/

Commission nationale de la culture du Ghana :

 https://ghanaculture.gov.gh/

Ghana News Agency – Talking Drums in Contemporary Ghana: The Atumpan in Focus :

 https://gna.org.gh/2023/03/talking-drums-in-contemporary-ghana-the-atumpan-in-focus/

Instruments du Monde – Le rôle du djembé dans la culture africaine :

 https://instruments-du-monde.com/blogs/djembe/role-djembe-culture-africaine/

LA MUSIQUE : VECTEUR DE LIBERTÉ !

Depuis des temps très anciens, les Hommes utilisent la musique comme vecteur de liberté. En effet la musique est pour eux un moyen d’exprimer des idées, des émotions, de rassembler, de célébrer et de donner du courage.

Au cours des siècles, dans certaines régions du monde, la musique a été ou est encore encadrée voire totalement censurée.

En Afghanistan, par exemple, les Talibans ont par le passé limité toute forme d’expression musicale. Ces restrictions ont été renouvelées en 2021.

C’est le cas également au Cambodge. Sous le régime des Khmers rouges en 1975, une grande partie des artistes était exécutée et le patrimoine musical entièrement détruit.

Bien que censurée et réduite au silence par les autorités un peu partout sur la planète, elle a cependant toujours continué d’exister. Parfois de manière clandestine, parfois très fortement contrôlée elle a permis de véhiculer de nombreux messages forts permettant aux populations locales de garder courage, de partager des histoires, de passer des messages et de développer des sentiments identitaires forts.

Pourquoi vouloir interdire la musique ? Ses effets sur le collectif…

D’après la science, la musique agit directement sur le cerveau (cf article sur la musique et système nerveux), en mobilisant simultanément les émotions, l’attention et la mémoire, ainsi une idée portée par la musique est souvent plus facilement intégrée et partagée. Elle crée une synchronisation collective, renforçant le sentiment d’appartenance, de plus elle ne se contente pas d’exprimer une opinion, mais contribue à la propager et à la faire évoluer.

Cette force vive a souvent été utilisée pour transformer les mentalités. Dans les années 1960, Bob Dylan s’impose comme une voix majeure du mouvement des droits civiques avec sa chanson Blowin’ in the Wind (1963).

De son côté, Sam Cooke marque les esprits avec A Change Is Gonna Come (1964), profondément liée à la lutte pour l’égalité des ethnies.

La musique devient alors un enjeu de pouvoir. Elle touche à un espace fondamental; la liberté de ressentir, de penser, de partager : d’exister . C’est la raison pour laquelle elle est aujourd’hui l’une des formes d’expression artistique les plus censurées dans le monde*.

Effet inverse – Les musiques clandestines

Ces tentatives de contrôle n’ont pas toujours fonctionné. Dans de nombreux pays, la musique a continué d’exister malgré les interdictions. Diffusée clandestinement, partagée en privé ou encore relayée à l’international, elle trouve toujours un moyen de circuler et reste l’une des formes d’expression les plus difficiles à faire taire durablement en grande partie grâce à la transmission orale.

Au Cameroun, où certaines chansons peuvent être interdites par les autorités, les titres critiques de Lapiro de Mbanga circulent en dehors des circuits officiels. Sa chanson Constitution constipée, diffusée malgré la censure, s’est rapidement répandue dans les rues et parmi la population. Avec son texte critique du pouvoir, elle devient quelques années plus tard un véritable symbole repris lors des manifestations camerounaises de 2008.

On peut également citer l’Afrique du Sud, où la musique a joué un rôle central dans la lutte contre l’apartheid. Bien qu’interdites dans son pays, les chansons de Miriam Makeba circulent à l’international. Sa musique devient alors un outil de dénonciation des injustices et de mobilisation. Elle permet de rendre visible la réalité du régime sud-africain et de sensibiliser l’opinion mondiale, contribuant ainsi à faire pression sur le pouvoir en place.

Interdire la musique a donc souvent encouragé les artistes à l’utiliser comme un moyen de résistance, un outil de transmission et de rassemblement.

Des restrictions qui persistent

Aujourd’hui encore, dans plusieurs pays, la musique reste contrôlée ou censurée par certains régimes comme l’Afghanistan ou la Corée du Nord, preuve de son influence réelle sur les sociétés. Malgré ces limitations, elle continue de circuler partout et à rassembler les hommes autour de causes importantes.

En conclusion, dans notre société aujourd’hui, on a tendance à faire de la musique un objet commercial. Lorsqu’on regarde les différents pays du globe et les différentes époques, cela nous encourage à développer plus de respect pour la musique et à lui redonner ses lettres de noblesse : inspiration, célébration et transmission.

Dans un prochain article, nous verrons que la musique n’est pas uniquement vecteur de liberté par la pensée, mais aussi par le mouvement et le corps.

En attendant tester l’expérience THE DRUMS pour découvrir comment les percussions vous transforment et vous libère en seulement 1h30 !

Références

National Geographic, 2024

www.nationalgeographic.fr/histoire/ces-pays-ont-essaye-dinterdire-la-musique-en-vain-culture-populaire-resistance

*Music in Africa – Rapport Freemuse, 2020

https://www.musicinafrica.net/fr/magazine/la-musique-est-la-forme-dart-la-plus-censuree-au-monde-rapport-freemuse

Global Citizen, 2015

https:/www.globalcitizen.org/fr/content/music-that-has-changed-t

Marissa Bergen

https://www.funkymooserecords.ca/fr/blogs/industry-insights/music-censorship-in-different-countries

Index on Sensorship, 2010

https://www.indexoncensorship.org/2010/09/voice-to-the-voiceless

EFFET DU RYTHME SUR LE SYSTEME NERVEUX : ce que dit la science

On a tous déjà entendu un tambour qui, en quelques secondes, donne envie de bouger, de danser, de se mettre en mouvement.

Ce phénomène, loin d’être anecdotique, est aujourd’hui étudié par les neurosciences.

Le système nerveux : notre centre de pilotage

Pour comprendre l’impact du rythme, il faut d’abord revenir à ce qu’est le système nerveux.

Il capte en permanence les informations de notre environnement, les interprète, puis ajuste nos réactions : attention, émotions, mouvement, niveau d’énergie.

C’est lui qui détermine si nous sommes concentrés ou dispersés, engagés ou en retrait.

Mais ce système ne fonctionne pas uniquement par la pensée. Il se régule aussi par le corps, les sensations et le rythme.

C’est à ce niveau que le rythme devient particulièrement intéressant à observer.

Rythme et cerveau : une stimulation sensorielle directe

Le tambour agit d’abord par une double stimulation sensorielle :

Chaque frappe produit une onde sonore perçue par l’oreille, mais aussi une vibration ressentie par l’ensemble du corps.

Le système nerveux reçoit donc une information à la fois auditive et corporelle.

Cette double stimulation renforce naturellement l’attention et la présence.

Elle ramène l’attention dans l’instant et favorise une perception plus fine de ce qui se passe dans le corps.

Ce lien entre rythme et cerveau explique en partie pourquoi certaines musiques captent immédiatement notre attention.

Coordination et mouvement : le corps s’organise

Le rythme ne se limite pas à une perception auditive. Il engage directement le corps dans l’action.

Jouer du tambour implique une synchronisation constante des gestes, un ajustement fin des mouvements et une attention continue au tempo. Le système nerveux traite alors simultanément plusieurs dimensions : l’écoute, l’anticipation et l’exécution motrice.

Ce travail simultané permet au corps de s’organiser avec davantage de précision. Par exemple, jouer un rythme différent dans chaque main demande au cerveau de coordonner des actions distinctes tout en maintenant une pulsation commune.

Avec la pratique, les gestes deviennent plus fluides, les ajustements plus rapides, et la coordination globale s’améliore. Le système nerveux affine ainsi sa capacité à synchroniser le mouvement.

Effet du rythme sur le système nerveux et l’attention

Le rythme agit également sur l’état d’activation du système nerveux.

Selon sa structure et son intensité, il peut favoriser un état plus dynamique ou, au contraire, plus apaisé. Un rythme rapide et soutenu tend à stimuler l’engagement et l’énergie, tandis qu’un rythme plus lent et régulier peut accompagner un relâchement progressif des tensions.

On retrouve ici un principe proche de la cohérence cardiaque : un rythme régulier, associé à la respiration, contribue à stabiliser le système nerveux autonome.

Cet effet permet de mieux comprendre les bienfaits du tambour, notamment sur la régulation de l’énergie et de l’attention.

Le rythme n’impose pas un état, mais agit comme un repère qui influence notre niveau d’énergie et de présence. C’est ce qui explique aussi l’effet du rythme sur l’attention, souvent observé dès les premières minutes d’écoute ou de pratique.

En résumé

La pratique du rythme met en évidence le fonctionnement intégré du système nerveux.

Les dimensions sensorielles, motrices et autonomes interagissent en permanence. Le tambour mobilise simultanément ces différentes fonctions, ce qui renforce la capacité du système nerveux à s’organiser de manière cohérente.

C’est cette mise en synchronisation qui explique les effets observés sur l’attention, l’énergie et la qualité de présence.

Et si vous viviez ces effets du rythme en équipe avec nos prestation The drums !

Références

Érudit, 2017

https://www.erudit.org/fr/revues/mcr/2016-v84-mcr84/mcr84_art02

eSantéMentale – Le tambour pour le développement du cerveau, 2022

https://www.esantementale.ca/Ottawa-Carleton/Le-tambour-pour-le-developpement-du-cerveau-et-les-troubles-de-la-sante-mentale/index.php?m=article&ID=83829

Brainball – Rythme, mouvement et latéralité, 2026

https://brainball.fr/rythme-mouvement-et-lateralite-ce-que-revele-une-etude-recente-en-neurosciences